Bio Sylvie Vartan - Les années 80

Bio Sylvie Vartan

Quatrième partie : Les années 80

La drôle de fin

L'année suivante, tous les journaux annoncent en première page "Sylvie et Johnny, c'est fini". Personne n'y croit plus. Ce n'est pas la première fois qu'une telle rumeur est répandue par des journalistes en mal de scoops. Des titres semblables avaient déjà fait la une de la presse en 1975, quand Sylvie triomphait au Palais des Congrès, alors qu'aucun divorce n'avait été envisagé. Mais cette fois-ci est malheureusement la bonne. Sylvie n'est pas présente à l'anniversaire de Johnny ; elle est partie aux Seychelles avec leur fils. Au cœur de sa tournée d'automne, Sylvie demande le divorce. Celui-ci est donc prononcé en novembre 1980, même si Johnny déclare aimer encore son ex-femme. Sylvie se montre plus pudique : elle reconnaît ne pouvoir faire table rase du passé et souhaite qu'ils restent unis pour leur fils. Mais l'on sent bien que sa décision est irrévocable. C'est la fin du couple qui a marqué les années 60 et constitué - bien malgré lui - une manne pour la presse à scandale quinze ans durant.

Le titre de l'album "Bienvenue solitude" semble choisi pour illustrer sa nouvelle vie de femme divorcée. Elle jure n'avoir toujours pas trouvé l'homme idéal et ne peut se douter qu'elle fera sa connaissance quelques mois plus tard, dans le jury d'un festival de la chanson, au Japon...

Sylvie Vartan

Love Again

1981 restera une année mémorable pour Sylvie. Au printemps, elle rencontre l'homme de sa vie. Il s'agit d'un producteur italo-américain du nom de Tony Scotti. Sylvie qui n'y croyait plus, s'enflamme tandis que son tube estival "L'amour c'est comme une cigarette" embrase le public. "Tony est entré dans ma vie par la grande porte" confiera-t-elle quelques années plus tard. La période d'activités qu'elle connaissait alors était pourtant peu propice à une nouvelle idylle. A cette époque, la chanteuse préparait à la fois un album, un spectacle, l'ouverture d'une école de Danse à Paris et un livre de souvenirs ("Si je chante") qui se vendra à plus de 100.000 exemplaires.

Marathon Woman

Dans le même temps, l’infatigable Show Woman prépare sa rentrée au Palais des Sports. En novembre, le public est nombreux à se presser au rendez-vous. La blonde idole l'entraîne dans "Le piège", une toile d'araignée tissée sur la scène, et enchante les plus nostalgiques par un hommage au rock n'roll et une reprise des tubes de ses débuts, coiffée et habillée comme à l'Olympia 64. Le tableau qui ouvre la seconde partie ("No more tears") demeure une des plus belles réussites visuelles du chorégraphe Claude Thompson : il fait descendre la chanteuse des cintres sur un nuage en plexiglass, pour compléter les lettres de son prénom formées par des photos de sa silhouette. Le ballet élaboré à partir de "Tape-tape" ajoute une ambiance de carnaval à l’ensemble. Ce spectacle se jouera à guichets fermés pendant six semaines (du 23 novembre 1981 au 3 janvier 1982), et fera l'unanimité des critiques. Un soir, des séquences sont tournées en anglais afin d’en assurer la diffusion sur des chaines de télévision européennes et, c’est une consécration de plus, de permettre au spectacle de s’exporter à Las Vegas.

Le rêve américain

Après avoir tourné de janvier à l'été à travers l'Europe, le spectacle migre à Las Vegas grâce à Tony Scotti. Ce dernier présente sa compagne comme "le plus beau cadeau que la France ait fait aux États-Unis depuis la statue de la Liberté". Pour l’intéressée, c'est un nouveau défi. Certes, elle a déjà chanté dans de nombreux pays. Mais les États-Unis, et particulièrement Las Vegas, représentent pour n'importe quel artiste l'épreuve du feu, le moment de vérité. Les plus grands s'y sont produits : Sinatra, Dietrich et quelques rares français dont Piaf. D'où son angoisse. Les choses se présentent plutôt bien puisque l'affiche - représentant la jeune femme dans un fourreau pailleté or à effet de nu - déclenche embouteillages et accidents de la circulation. Le panneau fera également couler beaucoup d'encre dans les journaux locaux qui s'interrogent : "mais qui est donc cette dame sur l'affiche ?". Le soir de la première du 9 décembre 1982, c’est Gene Kelly qui présente Sylvie au public de Las Vegas. Le spectacle (une version abrégée du Palais des Sports) se déroule impeccablement. Les spectateurs américains l'ovationnent. En coulisses, John Travolta ou Bette Midler viennent la complimenter. Même accueil chaleureux au Beverly Theater de Los Angeles, en mai suivant, pour la version intégrale du show. Les critiques comparent Sylvie à Cher ou à Liza Minelli. Ces succès américains couronnent Sylvie et constituent sa véritable consécration internationale.

Au printemps, Michel Sardou contacte Sylvie qui a souvent fait part de son envie d'enregistrer en duo avec lui. En effet, il est à présent en mesure de lui proposer plusieurs titres. Ils arrêtent leur choix et enregistrent à Los Angeles, entre deux répétitions de Sylvie. Celle-ci rentre quelques jours à Paris faire la promotion de ce 45 T. aussitôt accueilli comme un événement en France : il connaîtra un succès prévisible en devenant disque d'or. Il est vrai qu'à cette époque, les deux artistes figurent parmi les plus populaires. Très vite, Sylvie doit repartir chanter à Los Angeles, quitte à assurer de là-bas certaines prestations télévisées en duplex avec Sardou.

Encore !

Mais elle est infatigable : les semaines suivantes, tandis qu'elle enregistre l'album "Danse ta vie", Sylvie cache d'autres projets. Elle a déjà un nouveau spectacle en tête pour lequel elle a loué le Palais des Congrès pour la rentrée. Sylvie revient donc à Paris à l'automne. Elle sort une mise à jour de "Si je chante" où elle officialise sa relation avec Tony Scotti.

Sylvie chante au Palais des Congrès du 10 septembre au 20 novembre, soit pendant 95 représentations avec matinée et soirée le week-end (record jusqu'ici détenu par Serge Lama). A côté des chorégraphies colorées de Claude Thompson - l'ouverture et le final sur "Danse ta vie", les medleys rock n'roll, un morceau "Latino" très cabaret et le ballet "Raining men" - ce spectacle met davantage l'accent sur les textes ("Le dimanche", "Lucie", "Aimer" et "Encore"...). Une surprise en seconde partie : l'intervention humoristique et gouailleuse de Jackie Sardou qui exhorte son fils à chanter en duo avec Sylvie ! Puis celle-ci termine en rappel en reprenant brillamment "L'Hymne à l'amour" de Piaf.

Ce spectacle part en tournée jusqu'à la mi-décembre. Début 84, Sylvie retourne aux USA enregistrer un nouveau duo ("Love again") avec, cette fois, le chanteur de country John Denver. Elle se produit triomphalement en avril au Japon et, pendant une semaine à la fin juin, au Sands d'Atlantic City (l'équivalent de Las Vegas sur la côte Est des États-Unis) où elle tourne également le clip "Déclare l'amour comme la guerre".

Mais l'année 1984 sera surtout celle de son remariage avec Tony Scotti.

Sylvie Vartan

Made in USA

Le 2 juin à Los Angeles, vêtue d'un sobre tailleur blanc, les cheveux piqués de gardénias (sa fleur préférée), Sylvie dit oui à Tony, en présence de sa mère et de son fils. Son nouveau mari lui offre une somptueuse maison qu'il a fait construire à Beverly Hills.

Mariage californien oblige, Sylvie - qui a toujours aimé les Etats-Unis parce qu'elle s'y sent libre et anonyme - tend certes à s'américaniser mais conserve néanmoins la nationalité française par loyauté pour son pays d'adoption. Tout à fait dans l'air du temps, la belle quadragénaire sort un livre de conseils de forme et de beauté ("Beauty Book", qui devient un best-seller dès sa sortie). Elle enregistre également un album en anglais intitulé "Made in USA" sous la houlette de Richie Wise (producteur du groupe Kiss), avec la participation de David Hallyday à la batterie. Si le public français ne suit décidément pas les infidélités linguistiques de Sylvie, le public étranger (allemand notamment) est plus réceptif. Coca-Cola lui demande d'être son ambassadrice au Japon où elle tourne un spot publicitaire avec "Running Scared" pour la bande son.

En 1986, sort "Virage", un nouvel album en français écrit et composé par le talentueux binôme Basset/Langolff qui marquera non pas un tournant mais la fin d'une collaboration de 25 ans avec RCA.

Les deux années suivantes correspondent à une période de calme professionnel. Sylvie ne semble pas s'en porter plus mal puisqu'elle se consacre à la carrière naissante de son fils. Hyper-protégé des paparazzi par sa mère, David a grandi entre Loconville et Los Angeles. Très tôt, il a manifesté un don pour la batterie et le piano. Après le Bac, il travaille comme manutentionnaire à la Scotti Bros. Progressivement, il manifeste la volonté de faire le même métier que ses parents. Rien de bien surprenant avec une telle ascendance ! Après avoir tourné dans une excellente comédie, produite par Tony Scotti ("He's my girl"), David sort un premier album en anglais ("True Cool") qui remporte un gros succès. Sylvie peut alors reprendre sa propre carrière en main.

Confidanses

En 1989, à l'exception du single "Femme sous influence" (écrit par le parolier attitré de Jeanne Mas), cela fait deux ans que Sylvie n'a rien enregistré. Elle fait son retour chez Phonogram et sort un nouvel album "Confidanses". Deux extraits donneront lieu au tournage de clips : "C'est fatal", où la violence de la chanson est traduite par une très belle chorégraphie de Lydie Callier et le plus nostalgique "Il pleut sur London". Bel album, clips réussis et joli succès public (95.000 exemplaires vendus) pour un retour gagnant.

Quelques mois plus tard, Etienne Daho (un fan de la première heure), propose à Sylvie de réarranger un de ses titres de 1965 : "Quand tu es là". Les nostalgiques des yé-yés et les plus jeunes se retrouvent autour de ce nouveau 45 T. plein de fraîcheur et de punch. Soutenue par un nouveau clip, Sylvie entre alors au Top 50 qui la boudait jusque là.

Toujours par amitié pour Etienne, elle participe à "Urgence", un double CD dont les bénéfices sont versés au profit de la lutte contre le sida.

Sylvie est plus mûre, plus disponible aussi. Elle déclare souhaiter se tourner davantage vers les autres. Les changements qui se produisent à l'Est ne manquent donc pas de l'intéresser. Son frère et elle regrettent seulement que leur père ne soit plus là pour se réjouir avec eux du vent de liberté qui souffle sur la Bulgarie..

Sylvie Vartan