Sylvie Vartan - Laisse faire laisse dire

Critiques

Laisse faire laisse dire

"Enfin, elle le tient son triomphe. Incontestable, incontesté. Elle ne l'a pas volé. On le sentait poindre depuis quelques années mais il y avait encore bien des sceptiques... Au Palais des Sports, elle rejoint les grandes légendes du music-hall."

Jacqueline CARTIER dans "FRANCE-SOIR" du 28 novembre 1981 à propos du Palais des sports

"Sylvie Vartan se hisse d'un seul coup au niveau des plus grands. Du grand Art."

RICHARD CANNAVO dans "LE MATIN" du 28 novembre 1981 à propos du Palais des sports

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"Cela faisait des années qu'on attendait cela. Des années qu'on sentait qu'elle allait nous donner raison d'avoir cru en elle, même dans les moments où tellement de gens la décriaient. Cette fois-ci, Sylvie Vartan a gagné d'une manière incontestable son pari le plus audacieux : faire vibrer l'immense Palais des sports et apporter un spectacle vraiment et totalement personnel. Dès son entrée en scène, tout en pétales de lumière, dès les premières secondes, on a compris qu'il se passait quelque chose de nouveau chez Sylvie. Son visage tout d'abord, comme métamorphosé, plus mobile, plus spontané et à la fois, plus serein.
Un visage qui, auparavant, s'efforçait sans cesse de poser, de ressembler à l'image qu'elle voulait qu'on se fasse d'elle. La Sylvie d'aujourd'hui accepte sa véritable image, celle d'une jeune femme de trente sept ans, qui chante depuis plus de vingt ans déjà, qui a aimé et souffert et qui renonce enfin à cacher sa fragilité sentimentale et son désenchantement. La vie l'a frappée mais en même temps, l'a enrichie, lui a donné une sensibilité nouvelle dont elle se sert dans ses chansons qui ont parfois des refrains très autobiographiques à travers des mots qui se veulent pour tous.
Son corps aussi a changé. Comme tous les grands rockers, de Johnny à Mike Jagger, Sylvie se sert, là encore, de cet atout plastique et sait donner une touche d'érotisme scénique de bon ton certes, mais néanmoins efficace.
Qui d'autre pourrait onduler en collant pailleté et transparent, en pantalon aussi fin qu'une caresse, et tourner le dos à son public pour le laisser à loisir admirer de parfait côté pile. Sylvie, qui maîtrise maintenant les chorégraphies qu'elle a choisies avec Claude Thompson, s'affirme aussi dans sa façon de danser. Aujourd'hui, soutenue par une équipe avec laquelle elle a travaillé et vécu presque quotidiennement durant six mois, elle domine largement cette discipline qui lui permet de s'en dégager totalement, pour mieux chanter, notamment dans les graves.
Cette fois-ci, Sylvie a su donner la vie à son spectacle, un spectacle qui plaira à ses fans de toujours comme à ses fans d'aujourd'hui, ces enfants qui, comme son fils David, ont toujours un aussi grand besoin d'idoles."

Christine Gauthey à propos du spectacle de Sylvie au Palais des sports (décembre 1981)

"La pureté de la mécanique de spectacle est au service d'une artiste qui assume son show d'un bout à l'autre, avec une grâce infinie, fait passer magnifiquement sa personnalité propre et lance son âme dans des musiques diverses."

CLAUDE FLEOUTER dans Le monde du 28 novembre 1981 à propos du Palais des sports

"C'est un mélange d'Ann-Margret, de Liza Minelli et de Cher".

BILL WILLARD dans "DAILY VARIETY" décembre 1982

"20 ans après, franchement la voir si régulièrement belle, éclatante d'énergie, d'entrain, de rythme, de savoir-faire, de courage et de toupet, si impeccable dans son boulot, si increvable dans la performance, on se dit que ça vaut le coup de la regarder en face et de reconnaître que c'est une drôle de dame. Sylvie, à Nice, lundi, vous avez été formidable. Et le public énorme, de 16 à 60 ans, a d'entrée compris qu'il était au spectacle, à la fête, au mirage d'un soir, et qu'il ne fallait pas craindre de participer. Les places étaient moins chères que pour M. Iglesias, mais le plaisir autrement plus costaud. Et quand on sait le prix des choses et du lourd train-train du show-biz, on s'étonne qu'elle ait pu amener si simplement sous la toile du Théâtre de Verdure presque l'intégralité de ce que Nice ne voit jamais ou presque : l'image des grandes soirées de Paris. Sylvie ne s'est pas moquée de la province. Elle a changé. On dirait qu'elle ne craint plus personne, libérée en quelque sorte. Il y avait à Nice une petite bonne femme qui a su durement travailler son corps et sa voix et qui a bien profité, côté maturité, des chagrins de la vie".

Arlette Sayac dans "NICE MATIN" au lendemain d'un concert en 1982

"Au beau milieu de l'impitoyable "guerre des étoiles" que se livrent les vedettes pour occuper l'antenne des radios ou l'écran des télévisions, les apparitions éblouissantes de Sylvie Vartan sont pratiquement les seules à n'avoir aucun rapport avec l'actualité. Sylvie est désormais invitée pour le plaisir, à la manière d'une "guest-star" dont la présence apporte forcément ce supplément d'originalité qui fait la différence.
Sylvie sur les plateaux de télévision, à la "une" des journaux n'a rien à "vendre" au sens strict de ce terme de métier: pas de promotion d'un nouveau titre, pas de lancement d'une nouvelle revue, pas de "scoop" sur sa vie privée. En un mot, aucun évènement pour justifier ce raz-de-marée des médias.
Ce phénomène qui échappe à toute explication rationnelle, classe d'emblée Sylvie dans la catégorie des stars.

"Ce genre de personnage n'est pas tout à fait conforme aux vertus gauloises : Sylvie, pour devenir vedette à 100% tricolore, devrait enregistrer beaucoup de titres à l'eau de rose pour contenter le métier, sans oublier d'exposer son fils David à la presse, ses relations actuelles avec Johnny, ses éventuels échanges de cartes de voeux avec N. Baye, ou encore échanger ses opinions sur les équipes de football ou de rugby. Or, Sylvie refuse ces arrangements en préférant jouer franc jeu : elle enregistre son "sound" à Los Angeles, elle importe ses chorégraphies parce que l'art ne doit pas être chauvin mais cosmopolite, elle affiche sur le plan de sa vie privée une sérénité élégante et une certaine philosophie et - comble de l'insolence - elle préfère se remettre en cause à chaque nouveau spectacle, sans redouter un seul instant les conséquences financières que son attitude novatrice pourrait déclencher."
Le projet de Sylvie pour 84/85 n'a pas varié d'un pouce : elle gravit lentement mais sûrement les marches d'un gigantesque escalier en haut desquelles on aperçoit - dans l'ombre - les deux silhouettes de M. Dietrich et B. Streisand. On a beau lui crier "casse-cou", Sylvie fait partie de celles qui ne renoncent jamais quoi qu'il arrive.

Si le destin doit enlever un jour l'un de ces habits de lumière qui font briller les "stars", Sylvie saura être son premier juge : incapable de survivre à la médiocrité, elle changera - dans ce cas - de planète, en choisissant à la fois l'exil et l'anonymat.
Est-il meilleur combat que celui qu'elle livre sur son terrain de prédilection"? "Sylvie seule contre tous" par Henri Chapier dans "Ciné-Revue"en 1985

Sylvie Vartan