Vingt-cinq ans après sa disparition, nous gardons une pensée émue pour le frère de Sylvie, qui fut l’un des artisans de son parcours exceptionnel. Ce triste anniversaire est l’occasion pour nous, de saluer la mémoire de cet homme discret et talentueux.
Eddie Vartan est né le 5 septembre 1937 à Sofia. Ces années avant l’exil ont été retracées dans son autobiographie romancée Il a neigé sur le mont Vitocha, parue chez XO en 1990.
A son arrivée en France en décembre 1952, Eddie joue du cor d’harmonie. A la fin des années 1950, il joue comme trompettiste dans les clubs de jazz de la capitale, où, dans un registre bop, il est par exemple un des invités réguliers du Blue Note. Sa carrière connaît un tournant radical au début des années 1960 avec l’irruption du rock en France. Il est embauché grâce à son voisin et ami, Frank Ténot, comme trompettiste de jazz puis arrangeur pour la firme de disques RCA.
Son rôle dans les débuts de Sylvie est célèbre. Il l’a lancée, chaperonnée, conseillée et accompagnée en tant que chef d’orchestre, directeur artistique, producteur et ce, pendant plusieurs décennies.
Pour elle, il a composé 54 musiques dont Les vacances se suivent, M’amuser, Fini de pleurer, La la la, L’ami des mauvais jours, Il n’a rien retrouvé, Je voudrais être un garçon, Sur un fil, La nuit, L’homme que tu seras, La minute de vérité, Jours après jours, Orient Express, Aimer, Le dimanche, Lucie, Encore, P’tit bateau, Les robes…
Il signe aussi des chansons pour les chanteurs de la « nouvelle vague », adaptant par exemple Oh ! les filles pour Les Pingouins. Il joue également un rôle auprès de Johnny Hallyday, en devenant son producteur et directeur musical. Dans la première partie de sa carrière, « l’idole des jeunes » est toujours accompagné par « Eddie Vartan et son orchestre ».
Eddie Vartan a également été programmateur à la radio, aux côtés de Daniel Filipacchi, pour « Salut les Copains » et l’émission « Pour ceux qui aiment le jazz ».
Discographie sélective
Enfin, il a composé la musique d’une dizaine de films parmi lesquels : D’où viens-tu Johnny (1963), A tout casser (1968), L’ours et la poupée (1969), Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques (1970), Il était une fois un flic (1971), Quelques messieurs trop tranquilles (1972), Profession : aventuriers (1972), Comment réussir quand on est con et pleurnichard (1974), Vive la France (1974)…
Je suis fier de ma petite sœur. Soyons honnêtes : si l’on m’avait interrogé sur le personnage qu’est devenue Sylvie en France, jamais je n’aurais avancé un pronostic indiquant qu’elle risquait de parvenir à une popularité aussi grande, ni aussi durable… C’est exact, à ses débuts, j’étais là : en particulier lorsqu’elle a enregistré « I’m watching you » en 1963, ou « 2mn 35 de bonheur » en 1967. Mais la preuve la plus évidente que Sylvie a découverte seule, à force de réflexions personnelles, qui elle pouvait être, et quels moyens, quelles techniques utiliser pour parvenir à cerner le meilleur d’elle-même, c’est que, pendant pas mal d’années, je me suis trouvé assez loin d’elle, et qu’en tout cas, je ne suis jamais intervenu dans ses options professionnelles. S’il y a en 1980, sur le territoire français un « phénomène » Sylvie Vartan, je crois que seule, elle en a été l’auteur. Sur le plan vocal, elle a un timbre qui lui est propre, singulier, et c’est déjà beaucoup. Je veux dire par là que Sylvie n’a rien à voir avec de grandes vocalistes telles Shirley Basset, Barbra Streisand ou la défunte Callas… elle ne saurait y prétendre d’ailleurs. L’important c’est qu’elle ait (or ne la détient-elle pas ?) sa personnalité. Et c’est une fille merveilleuse. Je l’adore !
Eddie a été marié à Doris qui lui a donné un fils, l’acteur Mickael Vartan, en 1968. Divorcé en 1979, il s’est remarié avec Florence. De cette deuxième union est né Nicolas en 1983.
Il repose dans le caveau familial du petit cimetière de Loconville au pied de l’église, auprès de sa grand-mère paternelle, d’une de ses tantes et de ses parents qui habitaient le manoir de Gagny, acheté grâce aux premiers cachets de Sylvie. Lorsque sa sœur s’installe aux États-Unis, il occupe et entretient cette propriété familiale qui sera vendue peu après sa disparition. Sur la tombe est gravée une portée musicale avec quelques notes de musique.