Paroles 2022

La Maritza

(Jean Renard/Pierre Delanoë – Texte introductif : Sylvie Vartan/Benoît Cachin)

QUI AURAIT IMAGINÉ QUE L’HISTOIRE SE RÉPÈTE ENCORE ET ENCORE ? LES HOMMES N’ONT DONC RIEN RETENU ?

TREMBLER, FUIR, ESPÉRER

COMMENT NE PAS CHAVIRER EN VOYANT CES COLONNES DE FEMMES ET D’ENFANTS QUI AU PÉRIL DE LEUR VIE LAISSENT DERRIÈRE EUX UN PÈRE, UN MARI, UN FILS, UN FRÈRE… COMMENT METTRE TOUTE SA VIE DANS UNE VALISE ?

TOUTES CES IMAGES ONT VIOLEMMENT RÉSONNÉ EN MOI EN RANIMANT DES SOUVENIRS DOULOUREUX. JE ME REVOIS PETITE FILLE AVEC MES PARENTS ET MON FRÈRE FUYANT UNE DICTATURE BRUTALE ET L’OPPRESSION D’UN RÉGIME TOTALITAIRE EN LAISSANT NOTRE VIE SUR LE QUAI D’UNE GARE.

TREMBLER, FUIR, ESPÉRER

TOUT AU LONG DE MA VIE ET À TRAVERS MES CHANSONS, J’AI EU LA CHANCE DE POUVOIR PARTAGER MA SOIF DE LIBERTÉ ET D’AMOUR. MAIS COMMENT ÊTRE UTILE DEVANT L’ANÉANTISSEMENT DE TOUT UN PAYS ET DE SON PEUPLE ?

CHANTER POUR L’UKRAINE S’EST IMPOSÉ À MOI COMME UNE ÉVIDENCE. CHANTER L’EXIL, AVANCER COÛTE QUE COÛTE, NE PAS FAIBLIR, TENIR FORT LA MAIN DE SON ENFANT, CHERCHER LA LUMIÈRE TREMBLER, FUIR, ESPÉRER, VIVRE !

LA MARITZA C’EST MA RIVIERE
COMME LA SEINE EST LA TIENNE
MAIS IL N’Y A QUE MON PERE
MAINTENANT QUI S’EN SOUVIENNE
QUELQUEFOIS…

DE MES DIX PREMIERES ANNEES
IL NE ME RESTE PLUS RIEN
PAS LA PLUS PAUVRE POUPEE
PLUS RIEN QU’UN PETIT REFRAIN
D’AUTREFOIS…

LA LA LA LA…

TOUS LES OISEAUX DE MA RIVIERE
NOUS CHANTAIENT LA LIBERTE
MOI JE NE COMPRENAIS GUERE
MAIS MON PERE, LUI SAVAIT
ECOUTER

QUAND L’HORIZON S’EST FAIT TROP NOIR
TOUS LES OISEAUX SONT PARTIS
SUR LES CHEMINS DE L’ESPOIR
ET NOUS ONT LES A SUIVIS,
A PARIS…

PONT

DE MES DIX PREMIERES ANNEES
IL NE RESTE PLUS RIEN…RIEN
ET POURTANT LES YEUX FERMES
MOI J’ENTENDS MON PERE CHANTER
CE REFRAIN…

LA LA LA LA…

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