Le 12 mai 2026, au Palais des Congrès de Paris, la master class « Voilà ma vie » consacrée à Sylvie Vartan s’est ouverte sous la voix de Nikos Aliagas, avant que Roland Perez n’entre en scène pour guider cette traversée de plus de soixante ans de carrière. Plus qu’une simple rencontre, la soirée prenait la forme d’un voyage intime et visuel dans la mémoire de l’artiste.
Le décor était à la fois sobre et évocateur.

A gauche, des affiches parmi les plus emblématiques et sur le côté droit, au fond, derrière l’orchestre, la photo de Peter Lindbergh et à droite, près de dix costumes de scène : la robe Réal de l’Olympia 1964, la combinaison lamée or créée par Yves Saint Laurent pour l’Olympia 68, sa combinaison rouge et or et son ensemble en jean pour l’Olympia 1970, le body à franges doré du Palais des Sports 1981, la robe de Gian Franco Ferré du Parc des Princes 1993, une robe portée pour le duo avec George Chakiris, la robe blanche de Marc Bohan pour le Casino de Paris 1995, la robe noire et le tailleur pantalon créés par Stéphane Rolland pour Je tire ma révérence.

Tout au long de la soirée, une série de films est venue rythmer les échanges menés par Roland Pérez et ponctuées de questions du public. Après un medley musical*, un premier montage consacré aux duos** rappelait la richesse des rencontres artistiques de Sylvie
* Le medley musical : La plus belle pour aller danser/Tous mes copains/Comme un garçon/Si je chante/Par amour par pitié
** Les duos : J’ai le cœur en peine, j’ai le cœur en joie avec Jean-Jacques Debout (1975), L’annonce (show avec Pétula Clark), Les filles n’ont aucun dégoût avec Jane Birkin et Serge Gainsbourg (Top à de 1972), Doulidoulidam avec Daniel Gélin, Les petites filles modèles avec Chantal Goya, Laurel & Hardy avec Carlos (Show Je chante pour Swanee), La fourmi et la cigale (show TV Dancing Star), Les bons moments avec Charles Aznavour, Nous ne nous aimerons jamais (Show Sylvie Vartan), La première fois avec Michel Sardou, Quelqu’un qui m’ressemble avec E. Daho et F. Hardy (Irrésistiblement Sylvie), L’amour à la machine avec Alain Souchon (Qu’est-ce qui fait rêver Sylvie ?), Mr John B avec Laurent Voulzy
L’un des moments les plus émouvants fut sans doute le film consacré à l’enfance bulgare de Sylvie, porté par La Maritza dans sa version 2015. Des photographies personnelles, parfois colorisées et discrètement animées grâce à l’IA, faisaient ressurgir une Bulgarie intime, familiale, presque disparue. D’autres séquences retraçaient les années yéyé, la carrière internationale, ou encore l’évolution spectaculaire de ses concerts, de l’Olympia 1964 jusqu’au Palais des Congrès 1983.
La soirée n’oubliait pas non plus la Sylvie comédienne (à travers des extraits de films, de sketches et Ne me regardez pas comme ça), ni la femme derrière l’icône avec un montage consacré aux hommes de sa vie : Eddie, Johnny, David et Tony Scotti.
Le final revenait une dernière fois sur la Bulgarie et les actions de son Association.
Les questions
Extraites d’une boîte dans laquelle les spectateurs avaient glissé leurs papiers, elles ont notamment porté sur ses rapports avec Dalida, sur le choix de Noée Abita pour le biopic consacré à Johnny, ou encore sur ce qu’elle souhaitait transmettre à ses enfants. Interrogée sur l’hypothèse de nouveaux concerts, Sylvie s’est montrée prudente. « Je ne sais pas… Pour le moment, non », avant de préciser : « Je ne peux pas dire que je ne vais jamais rechanter. Les années qui arrivent peuvent m’inspirer différemment. » Et un nouvel album, cinq après Merci pour le regard ? « Ce n’est pas impossible, mais il faut que je trouve les chansons qui me ressemblent », répond Sylvie qui a exprimé son « envie de refaire du théâtre ».
Au fil de cette master class, c’est finalement moins la star que la femme libre, lucide et profondément attachante qui s’est dévoilée. Entre archives rares, confidences, humour et émotion, « Voilà ma vie » aura rappelé à quel point Sylvie demeure une artiste singulière dans le paysage français : capable d’assumer son passé sans nostalgie, de regarder sa carrière avec distance, mais aussi de préserver intacte cette élégance mêlée de pudeur qui la caractérise. Une soirée pensée comme une célébration, mais aussi comme une ultime révérence.
Galerie






Crédits photos : Gregory GUYOT-DOSSON/Je suis musique ; Jacques Barbier
La bande annonce :
Proposée par Tony Scotti, Jean-Luc Azoulay et Thierry Chabrot.




